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Voici ce que vous pouvez faire pour protéger votre bâtiment

Veuillez ouvrir les recommandations et utiliser le menu de sélection ci-dessus pour adapter les critères à votre projet de construction.

De quelle protection votre bâtiment a-t-il besoin ?

  • Définissez des objectifs de protection pour votre projet de construction. Il est essentiel de savoir contre quels dangers naturels vous voulez protéger votre bâtiment et quel degré de protection vous voulez lui offrir. C'est la condition pour pouvoir prendre les mesures appropriées.

  • Plus vous anticipez la protection contre les dangers naturels au cours de la planification, plus les solutions choisies pourront être mises en œuvre de manière esthétique et économique.

  • Choix de l’emplacement du bâtiment hors des zones de danger

    Évitez les dangers naturels gravitationnels comme les effondrements, les avalanches, les chutes de pierres, les laves torrentielles, les glissements de terrain ou les crues et privilégiez si possible, pour votre bâtiment, un emplacement hors des zones des danger. Attention : même en situation de danger faible, le risque peut être considérable en fonction de l'affectation et des biens potentiellement menacés !

  • Attention : Tous les bâtiments sont exposés au risque de fortes pluies, de la grêle ou de tempêtes et doivent être protégés en conséquence !

    Informez-vous des dangers locaux en consultant les cartes de dangers et prenez des mesures de protection adaptées pour votre projet de construction.

  • Les services spécialisés du canton où est situé le bâtiment peuvent vous y aider. Des personnes familières du lieu, telles que des gardes forestiers ou des sapeurs-pompiers, peuvent aussi vous renseigner sur les événements et dommages passés.

  • Exemple : le calcul de la résistance contre la tempête s'arrête souvent à la structure porteuse du toit. Et on oublie alors de fixer les tuiles conformément à la norme.

Les mesures que vous pouvez prendre...

  • En combinant des mesures ayant trait à la conception, au renforcement et à l’effet d’écran, il est possible de réduire sensiblement le risque. Il faut en particulier veiller à la protection des personnes en faisant en sorte qu’elles ne soient pas mises en danger. De plus, les mesures planifiées ne doivent pas entraîner un déplacement des dangers sur d’autres parcelles.

    Stratégies de protection des nouveaux bâtiments contre les laves torrentielles

    Renforcement et protection au moyen de mesures de conception
    Un nouveau bâtiment devrait être conçu dès la phase de planification pour résister aux laves torrentielles. Il s'agit d'intégrer de manière optimale le bâtiment dans le terrain, de lui donner une forme favorable, d'adapter l’utilisation des espaces intérieurs et extérieurs menacés et de choisir judicieusement la position et l’agencement des ouvertures. Il faut également prévoir un renforcement des parois extérieures aux endroits susceptibles d'être soumis à une pression élevée.

     

    Protection au moyen de digues ou de filets
    La construction de digues ou la mise en place de filets de sécurité devant le bâtiment peuvent permettre de dévier ou de retenir une lave torrentielle. Les ouvertures réalisées dans le bâtiment constituent en général un risque résiduel ; ce risque peut être réduit en choisissant de manière appropriée la position et l’agencement des ouvertures.

     

    Protection par une position surélevée
    Dans de nombreux cas, la mesure de protection la plus économique et la plus efficace consiste à surélever le bâtiment. Le bâtiment est construit sur un remblai et on y accède par des rampes. Dans l'idéal, le bâtiment est ainsi déjà suffisamment protégé contre les laves torrentielles et il n'est pas nécessaire de prendre des mesures supplémentaires.

     

    Protection par une étrave
    La construction d’une étrave devant le bâtiment permet une protection optimale contre les pressions élevées. En parallèle, il convient de planifier les ouvertures et l'utilisation des espaces intérieurs en fonction des zones de danger. Si les espaces extérieurs restent menacés, il convient de prévoir certaines utilisations extérieures (p.ex. terrasses) à l’abri du bâtiment.

     

  • En règle générale, les informations fournies par les cartes des dangers ne sont pas suffisantes pour le dimensionnement des mesures de protection contre les glissements de terrain. Faites appel suffisamment tôt à un géologue ou à un géotechnicien et observez en particulier la norme SIA 267 « Géotechnique ».

    Stratégies de protection des nouveaux bâtiments contre les glissements de terrain

    Choix d’emplacement et aménagement du terrain Choisissez un emplacement approprié, aménagez le terrain et privilégiez un mode d’implantation visant à atténuer la charge exercée par la masse en mouvement et ainsi à réduire l'exposition au risque.

     

    Mode d'implantation du bâtiment et des conduites Renforcez les parois extérieures exposées au risque Évacuez correctement les eaux météoriques et de ruissellement de manière à réduire la probabilité de survenance d’un glissement. Si possible, placez les conduites dans des zones stables. S’il n’existe pas d’autre alternative que de faire passer les conduites enterrées dans la zone menacée par des glissements de terrain : prenez des mesures de sécurité complètes dès le début pour protéger ces conduites.

     

    Stabilisation d’une masse en glissement superficielle Vérifiez la nécessité de prendre des mesures de stabilisation de la masse en glissement au cas où le choix de l’emplacement et l’aménagement du terrain à eux seuls ne permettraient pas de réduire suffisamment le risque de glissement.

     

    Transmission des charges dans le sous-sol stable Prévoyez un renforcement des fondations (transmission des charges dans des sols non meubles) et du radier, dont l'exécution satisfait aux conditions locales : par exemple, des fondations plates comprenant un radier renforcé et un mode de construction monolithique. Séparez complètement le bâtiment des autres bâtiments sur le plan statique.

     

    Correction de l’orientation du bâtiment au moyen de vérins hydrauliques Concevez d’emblée les nouveaux bâtiments construits sur des glissements profonds de manière à ce qu’on puisse les redresser le cas échéant. Établissez un concept statique adéquat, comprenant par exemple des évidements pouvant accueillir des vérins hydrauliques.

     

  • Choisissez une combinaison de mesures conceptuelles, de renforcement et d’écran. Il faut en particulier veiller à la protection des personnes. Prenez aussi en considération un autre emplacement ou un changement d'affectation. Seules des mesures permanentes conviennent pour protéger le bâtiment contre les chutes de pierres et de blocs.

    Stratégies de protection des nouveaux bâtiments contre les chutes de pierreset de blocs

    Protection au moyen de mesures ayant trait à la conception et renforcement si des pierres roulent
    Adaptez le bâtiment au danger dès le début. Pour cela, surélevez le corps du bâtiment et définissez une affectation adaptée pour l'espace intérieur dans le secteur exposé du rez-de-chaussée. Évitez de prévoir des ouvertures dans les parois extérieures concernées ou protégez-les en conséquence. Renforcez ces parois, par exemple avec un coffrage en rondins de bois. Ne prévoyez d’utiliser les espaces extérieurs que dans les secteurs protégés.

     

    Protection au moyen de mesures ayant trait à la conception et renforcement si des pierres volent
    Prévoyez d'enfoncer le bâtiment dans le terrain alentour et réduisez ainsi les surfaces de parois extérieures à renforcer. Évitez de prévoir des ouvertures dans le secteur exposé ou protégez-les en conséquence. Renforcez et coffrez les parois extérieures concernées. Ne prévoyez d’utiliser les espaces extérieurs que dans les secteurs protégés.

     

    Protection au moyen de digues ou de filets
    La construction de digues / de murs de protection ou de filets en câble d'acier et de filets tournants permet de réduire considérablement le risque. Les filets doivent être remis en état après un événement afin de remplir à nouveau leur rôle de protection. Si les corps en mouvement pouvaient exceptionnellement passer par-dessus ces ouvrages de protection, vous devriez prévoir d’autres mesures pour diminuer le risque, par exemple une utilisation adaptée des espaces intérieurs et extérieurs concernés.

     

    Protection au moyen de mesures dans la zone de décrochement / de rupture
    Si la zone de décrochementest de faible surface et directement contiguë au bâtiment, on peut éventuellement stabiliser et sécuriser ce secteur. En cas de risque résiduel, réduire l'utilisation des espaces extérieurs près de la zone de rupture et évitez ou protégez les ouvertures dans les parois extérieures concernées.

     

  • Lors du choix des mesures, soyez particulièrement attentif au danger pour les personnes et planifiez les mesures de protection de manière à ne pas déplacer les dangers vers les terrains voisins. Prenez éventuellement en considération un autre emplacement ou un changement d'affectation.

    Stratégies de protection des nouveaux bâtiments contre les avalanches et le glissement de la neige

    Protection par des mesures de conception et de renforcement
    Le danger pour les personnes et les valeurs matérielles peut être réduit considérablement si l’on prend des mesures de conception et de renforcement. Intégrez le bâtiment au terrain pour qu’il soit protégé de manière optimale et choisissez la forme et l'orientation du bâtiment de sorte qu’il ne subisse pas de pressions importantes. Évitez de créer des ouvertures dans la paroi extérieure exposée aux avalanches. Planifiez un mode d’implantation résistant pour les parois extérieures et les ouvertures permanentes côté avalanche et ne prévoyez, pour les locaux dans ce secteur, que des affectations avec durée de séjour brève.

     

    Protection par une digue d’interception ou de déviation
    Une digue d’interception ou de déviation en amont du bâtiment peut réduire considérablement les mesures à prendre. Évitez aussi de créer des ouvertures dans la paroi extérieure exposée aux avalanches. Veillez à ce que la digue n’augmente pas le degré de danger sur les terrains voisins.

     

    Protection par une étrave
    Une étrave suffisamment dimensionnée constitue une mesure de protection très efficace pour un nouveau bâtiment. S’il reste une séparation spatiale entre l’étrave et le bâtiment, il ne sera pas nécessaire d'effectuer de grandes modifications au niveau de ce dernier. Il est important que le bâtiment soit bien intégré dans le terrain derrière l’étrave pour qu’aucune surface de paroi extérieure ne dépasse de l’étrave. Veillez à ne pas déplacer le danger vers les terrains voisins.

     

    Protection par la construction sous forme de toit-terrain
    La construction d’un bâtiment sous forme de toit-terrain représente une mesure de protection très efficace, tout comme l’étrave. Les changements effectués au niveau du bâtiment sont toutefois plus importants. La lumière ne peut pas pénétrer du côté de la paroi extérieure exposée aux avalanches, ce qui influence l'affectation des locaux intérieurs. Planifiez un toit renforcé, qui puisse dévier les forces dues à l'avalanche et à l’accumulation de la neige dans les fondations via le système porteur. La paroi extérieure côté avalanche doit être dimensionnée en fonction de la pression statique de la terre et de la neige. Les parois extérieures latérales non protégées doivent être dimensionnées en fonction de l’effet dynamique de l'avalanche et de son frottement.

     

    Protection contre les avalanches poudreuses
    Vous pouvez protéger efficacement les nouveaux bâtiments contre les avalanches poudreuses avec peu de mesures, par exemple en évitant que la surface des fenêtres soit trop importante. Concevez les surfaces des fenêtres et du toit de manière renforcée afin qu’elles résistent à l’effet de souffle de l’avalanche. Évitez aussi que le toit et la façade présentent des saillies ou faites en sorte de les réduire à un minimum (forces d'aspiration !).

     

    Protection contre le glissement et la reptation de la neige
    En prenant des mesures de protection contre le glissement de la neige (piliers de soutènement, trépieds) au niveau de la pente devant le bâtiment, vous pouvez réduire considérablement le danger. Vous pouvez obtenir une protection supplémentaire en plaçant suffisamment haut les fenêtres côté pente et en renforçant les parois extérieures et les ouvertures concernées. Placez les affectations d’espaces extérieurs comme les terrasses ou les places de jeux côté.

     

  • Concept d’utilisation de l’espace extérieur

    Placez les espaces extérieurs impliquant un séjour prolongé (p.ex. terrasses, balcons) dans les secteurs protégés par le bâtiment ou par des mesures supplémentaires. Placez l'accès au bâtiment à un endroit protégé, par ex. via un garage souterrain avec entrée côté vallée.

  • Concept d’utilisation des espaces intérieurs

    Une utilisation judicieuse des espaces intérieurs permet de réduire le risque encouru par les personnes séjournant dans le bâtiment. Dans la zone directement exposée, ne prévoyez que des locaux avec une durée de séjour courte, par exemple des couloirs de liaison ou des sanitaires.

  • Intégration dans le terrain

    En l’intégrant de manière optimale dans le terrain alentour, vous pouvez protéger le bâtiment de l'effet direct des chutes de pierres, des avalanches et des laves torrentielles en réduisant les surfaces de parois extérieures concernées et donc à renforcer.

    En cas de danger lié à des avalanches et à des pierres ou blocs qui chutent ou volent, prévoyez un placement abaissé du corps de bâtiment dans le terrain alentour (cf. toit-terrain). Placer le bâtiment de manière abaissée par rapport au terrain alentour permet également de protéger le bâtiment des laves torrentielles de grand volume, éventuellement en combinaison avec un remblai. La pression générée dans la zone d’influence du remblai sera réduite, mais il faudra prendre en compte le surcroît de pression dû à la poussée des terres.

    Un placement surélevé est généralement préférable en cas de danger lié à l’eau et à de petites laves torrentielles ou à des pierres et blocs qui roulent ou glissent.

  • Position et agencement des ouvertures

    Les ouvertures, telles que portes ou fenêtres, sont les points les plus vulnérables face au danger de laves torrentielles ou de chutes de pierres. Il convient donc d’éviter de placer des fenêtres sur la paroi extérieure menacée ou de prévoir des ouvertures de petite taille. Renforcez ou coffrez toujours ce genre d’ouvertures. Évitez de placer des entrées sur la paroi extérieure menacée ou protégez-les, par ex. avec des murs de protection ou des digues locales au niveau des portes menacées.

     

    Position et agencement des ouvertures

    Les ouvertures du bâtiment, telles que portes ou fenêtres, sont les points les plus vulnérables face au danger de laves torrentielles ou de chutes de pierres. Il convient donc d’éviter de placer des fenêtres sur la paroi extérieure menacée, ou tout du moins de prévoir des ouvertures de petite taille. De telles ouvertures doivent être renforcées ou coffrées dans tous les cas. Évitez de placer les entrées sur le côté exposé aux laves torrentielles ou protégez-les en adoptant des mesures de construction appropriées. Vous pouvez protéger les portes menacées contre l’action des pierres par des murs ou des digues localisées.

    Vous pouvez protéger les fenêtres au moyen de croisillons en acier placées devant celles-ci. L’espacement entre la vitre et les croisillons doit être assez grand pour que ces derniers disposent d’une distance de déformation suffisante.

  • Les écrans de protection peuvent influencer nettement la propagation du danger. De telles mesures ne peuvent être prises que si elles n'augmentent pas le degré de danger pour les bâtiments et les terrains environnants.

    Écrans à l’extérieur du bâtiment

    Digue / mur / cuvette de rétention : Les digues en sol meuble permettent d'absorber des énergies de chute supérieures à 10 000 kJ. Elles constituent donc la mesure la plus efficace pour absorber l’énergie des chutes de blocs. Par contre, elles prennent beaucoup de place, car la surface au sol d’une digue doit être très importante, en particulier si la hauteur de vol des composantes en mouvement est élevée. En utilisant des constructions en blocs, en gabions ou en géotextile, on peut aménager des remblais très raides d’un côté ou des deux côtés.

     

    Filet en câble d'acier ou filet tournant : De nos jours, les filets en câble d'acier et les filets tournants peuvent absorber de très grosses charges de service, jusqu’à 5000 kJ. Mais ils doivent être remis en état après un événement afin de remplir à nouveau leur rôle de protection.

     

    La preuve de résistance pour les filets de protection est apportée par un essai de type selon Baumann, R. (2018). L’examen porte sur des filets répartis en 9 classes d’énergie, de 100 kJ à 5000 kJ. Les résultats des essais de type avec les forces déterminantes des câbles sont publiés par l’OFEV. Pour dimensionner les fondations et les ancrages, les forces maximales mesurées lors de l’examen sont majorées de 30%, puis ces forces de remplacement sont introduites dans les calculs au titre de valeurs caractéristiques Fk, selon la norme SIA 260, chiffre 3.2.2.2.

     

  • Coffrage / remblai / renforcement des parois contre les chutes de pierres et de blocs

    Le coffrage / renforcement des parois avec des matériaux amortissant les chocs représente une mesure très efficace, car l’élément porteur est ainsi protégé en grande partie des effets directs.

     

    La couche d’amortissement réduit la force de poussée générée par la pierre en absorbant cette force sur une distance de déformation la plus longue possible. Le bois et certains matériaux synthétiques peuvent être utilisés comme amortisseurs. Les rondins de bois placés en avant du bâtiment vous permettront d'obtenir des solutions bien intégrées du point de vue architectural. Lorsque l’énergie des corps en mouvement est faible, une pile de bois peut constituer une mesure de protection suffisante.

     

    Pouvoir d’amortissement de différents rondins de bois

    La terre a un effet d’amortissement exceptionnel. Le remblai de parois extérieures sensibles aux chocs avec de la terre représente donc une solution élégante qui permet de lutter également contre des énergies de choc très importantes. Par contre, les remblais requièrent proportionnellement plus de place. Mais on peut pallier cet inconvénient en érigeant des constructions très raides en sol meuble armé de géotextile.

     

    Pour renforcer les parois en béton armé des nouveaux bâtiments, augmentez leur pourcentage d'armature. Il est possible d’augmenter les épaisseurs de paroi, mais cette solution est rarement économique. La capacité d’absorption d’énergie augmente faiblement en regard du supplément de coût occasionné par les matériaux. Pour les constructions existantes, vous pouvez renforcer les parois avec une armature collée ou un complément d’armature combiné avec une couche de gunite ou de béton de parement. Les lamelles d’acier, caractérisées par une large zone de plastification, offrent une importante capacité d’absorption d’énergie dans le domaine plastique. Elles sont disposées verticalement – du sol au plafond – pour limiter leur longueur. En règle générale, les ancrages mécaniques (en effort tranchant ou en traction) doivent être dimensionnés pour la totalité de la force de rupture en traction des lamelles. Le béton rajouté doit avoir une résistance à l’arrachement minimale de 2,0 N/mm2. S’agissant des actions causées par les pierres et les blocs, il faut que les lamelles soient peu espacées afin de prévenir le phénomène de poinçonnement. Pour que ces mesures de renforcement déploient toute leur efficacité, il est important que la surface du béton soit rendue bien rugueuse au préalable.

  • Renforcement du toit / pose d’une couche de couverture

    La pose d’une couverture en sol meuble permet de protéger les surfaces de toiture de manière optimale. Le type de construction qui se prête le mieux à cette mesure est un toit légèrement incliné. Le dimensionnement peut être réalisé en appliquant les mêmes critères que pour la procédure spécialement développée à l’intention des galeries de protection contre les chutes de pierres (voir OFROU, 2008).

     

  • Mesures de stabilisation dans la zone de rupture

    Les mesures suivantes peuvent être prises si la niche d’arrachement est petite et directement voisine du bâtiment menacé.

     

    a) Revêtement / végétation : La pose d’un revêtement ou de végétation peut protéger la surface contre les effets d'altération dus aux intempéries. Dans la mesure du possible, on garnira les pentes rocheuses d’herbe et de plantes. Dans les pentes raides, il y a lieu d’appliquer une combinaison de géotextile, de filets de câble et de béton projeté complété par des ancrages ou des clous, en raison de l’érosion superficielle.

     

    b) Treillis pare-pierres : Les treillis pare-pierres permettent de capturer les pierres qui se détachent individuellement, de les empêcher de rebondir et de les acheminer sous contrôle jusqu’au pied de la pente. Cette mesure est particulièrement appropriée pour les falaises de poudingue soumises à l’altération. Les treillis sont constitués de câbles zingués ou de plastique noué. Ils sont montés à 0.3-0.4 m de la surface rocheuse, afin d’éviter que des pierres détachées se prennent dans le treillis et forment des accumulations susceptibles de l’endommager.

     

    c) Ouvrages de soutènement / ancrages : On peut améliorer la stabilité interne des compartiments rocheux surplombants ou évidés à la base en les soutenant avec des piliers en béton ou en acier. Si l’on érige plusieurs piliers, il est recommandé de les relier par un sommier constitué d’une poutre horizontale en béton armé. Les remblais verticaux de petite taille peuvent être confortés au moyen de murs de soutènement de diverses natures. Ils servent à accroître la stabilité au glissement et au renversement ou à réduire l’altérabilité de la pente. La stabilité interne de blocs individuels ou de secteurs de remblai peut être améliorée en disposant des ancrages dans la roche. On se référera à la norme SIA 267 (Géotechnique) en ce qui concerne le dimensionnement des ancrages et leur protection contre la corrosion.

     

    d) Diminution de la pente : Le danger potentiel occasionné par les petits remblais rocheux peut être réduit en leur conférant une déclivité inférieure à 40°. Il faut cependant tenir compte du fait que l’altération est plus active dans les remblais dont la structure a été modifiée en surface.

     

    e) Drainage : Les drainages sont destinés à évacuer les eaux superficielles percolant dans le remblai et à drainer les eaux profondes circulant dans la roche. Cette mesure a pour effet de ralentir les processus d’altération naturels. Elle est mise en œuvre en combinaison avec d’autres mesures de stabilisation.

     

    f) Purge des parois rocheuses : On entend par purge des parois rocheuses le fait d’ôter les pierres et blocs menaçant de tomber. La durée d’efficacité de cette mesure est limitée, car l’altération est un processus qui progresse en permanence. La purge doit être effectuée en appliquant un procédé ménageant les falaises. Il est fréquemment nécessaire d’ôter les pierres et les blocs à la main pour satisfaire à cette condition. Pendant les purges périodiques, il y a lieu d’ordonner des mesures de protection temporaires dans la zone menacée par les chutes de pierres.

     

  • Pour les nouveaux bâtiments, la priorité est de choisir un emplacement aussi sûr que possible. Sur la parcelle, l’emplacement et l’orientation du bâtiment et l’aménagement du terrain peuvent aussi augmenter la sécurité.

    Mesures en termes de conception pour la protection contre les glissements de terrain

    Aménagement du terrain / étapes de chantier
    En aménageant le terrain, il faut veiller à ce que les rapports de stabilité du terrain ne deviennent pas critiques suite aux remblais réalisés et aux tranchées creusées. Ce principe est valable durant la construction tant pour les glissements permanents que pour les glissements temporaires. Intégrez ainsi d’emblée dans les études les étapes de chantier défavorables telles que l’excavation. Les risques ne pouvant pas être évités par un calcul pertinent doivent donc être limités en procédant à des contrôles.

     

    Concept statique et fondations
    Le concept statique d’un bâtiment est considéré comme favorable lorsque de petits tassements du terrain situé sous le corps de la construction ne provoquent pas de dégâts tels que des fissures. Choisissez de ce fait un mode d'implantation monolithique et séparez toujours complètement les annexes du bâtiment principal sur le plan statique. Le type de fondation retenu devra également être insensible aux tassements et aux déplacements éventuels. Les fondations plates comprenant un radier renforcé ont généralement fait leurs preuves. Selon le type de glissement, les fondations doivent satisfaire à des exigences supplémentaires (transmission des charges, orientation et mesures de renforcement).

     

    Concept d’utilisation des espaces intérieurs
    En cas de glissements de terrain profonds, adaptez en conséquence le concept d’utilisation des espaces intérieurs. Soyez conscient qu’un bâtiment qui se déplace avec un terrain en mouvement risque de s’incliner. Selon le concept statique appliqué, il sera possible de redresser l’ensemble du bâtiment ou certaines parties de celui-ci. Il faut s’attendre à ce que les sous-sols, notamment, ne puissent plus être redressés et risquent donc de rester en position inclinée. Ce point devrait être pris en compte dès la première étape d’agencement des espaces intérieurs.

     

    Raccordement extérieur des conduites
    Les conduites enterrées dans des zones subissant des mouvements de glissement irréguliers sont rapidement endommagées. Les zones les plus critiques se trouvent en bordure des glissements de terrain et au passage des conduites souterraines au bâtiment. Veuillez observer les directives pour les installations de tuyauteries (SSIGE 2010, SSIGE 2013).

     

    Évacuation des eaux météoriques
    Veillez à ce que toutes les eaux météoriques et de ruissellement soient évacuées ou qu’elles soient captées dans des sources afin qu’elles ne s’infiltrent pas dans la masse en glissement. L’eau est le principal moteur des glissements de terrain. Efforcez-vous donc de maintenir le niveau piézométrique aussi bas que possible et de réduire au minimum la saturation en eau du sol.

     

  • Transfert des charges, redressement et mesures de renforcement

    Transfert des charges sous le plan de glissement / dans la roche saine en place
    Veillez à transférer de manière optimale les charges s’exerçant sur le bâtiment vers le sous-sol stable au moyen de voiles ou de pieux. Vous pouvez mettre en œuvre cette mesure aussi bien en cas de glissement d’activité modérée qu'en cas d’effondrement superficiel. En procédant ainsi, vous n’entravez certes pas le mouvement à large échelle du sol, mais vous stabilisez le bâtiment en le faisant reposer à la manière d’un pont sur des piliers fondés sur un matériau meuble résistant ou sur une roche meuble stable. On opte généralement pour des puits périphériques lorsqu’il s’agit de choisir les pieux. Prenez en considération la sollicitation horizontale maximale possible des voiles et des pieux par le mouvement du sol et prévoyez le cas échéant des éléments supplémentaires pour absorber les forces horizontales.

     

    Redressement du bâtiment par rehaussement
    Les mesures suivantes visent à rehausser les bâtiments situés sur des glissements semi-profonds à profonds si la masse en mouvement a une taille telle qu’on ne peut pas l’influencer. Les tassements différentiels sont mesurés au moyen de l’angle de rotation tan(α).

    • Séparation statique entre le sous-sol et les étages supérieurs Des puits sont aménagés pour accueillir des vérins hydrauliques. Si le bâtiment penche, les étages peuvent être redressés, tandis que le sous-sol reste en position inclinée. Cette correction est répétée si le bâtiment penche à nouveau
    • Appui sur des semelles isolées Si l’ensemble du bâtiment incliné doit être redressé, des évidements nécessaires aux vérins hydrauliques doivent être prévus dans le secteur des fondations. Cette variante n’est donc généralement applicable qu’aux nouvelles constructions. L’accès aux appuis est assuré par des puits séparés au plan statique, disposés aux coins du bâtiment. On placera si nécessaire des puits supplémentaires sous les parois extérieures ou sous le bâtiment.
    • Rehaussement par injection Les fondations d’un bâtiment existant peuvent être rehaussées en injectant de la résine synthétique ou du mortier. La substance est injectée dans le sous-sol à travers les fondations, dans des trous forés à cet effet. Le rehaussement de l’ouvrage est dû à l’expansion de la résine, qui se dilate d’un facteur 15 à 20. Dans le cas du mortier, le rehaussement est contrôlé par la pression.


    Renforcement du radier et des parois extérieures
    Le renforcement du radier et des parois extérieures est une exigence minimale pour de nombreuses mesures. Dans les nouvelles constructions, ce renforcement peut être obtenu en augmentant le pourcentage d’armature de la structure porteuse en béton armé. Pour les constructions existantes, on ajoutera une armature collée ou un complément d’armature combiné avec une couche de gunite ou de béton de parement.

     

  • Stabilisation de la masse en glissement

    Vous pouvez augmenter la stabilité d’un glissement à l’aide des trois concepts suivants :

    • Ancrage de la masse en glissement au sous-sol à l’aide d’ancrages, de clous ou pieux, ou d’autres éléments de soutènement.
    • Évacuation des eaux et drainage pour réduire la quantité d’eau dans la masse en glissement
    • Modifications de la topographie (remblai de contrepoids, aplatissement)

     

    Stabilisation par la mise en place d’éléments de soutènement et d’ancrage

    a) Ancrages, tirants: Au moyen d'ancrages précontraints ou d'ancrages non contraints à adhérence totale (tirants), des couches de roche meuble instables ou des paquets de roche peuvent être fixés, et les parties de bâtiment situées dans la masse en glissement peuvent être ancrées dans le sous-sol stable. Lorsque des ancrages précontraints sont utilisés, les déformations attendues sont activement limitées. Pour la transmission de force, une butée rigide et suffisamment dure doit être prévue. 

    Les ancrages non contraints ont un comportement passif : la contrainte apparaît seulement lorsque l’élément d’ancrage commence à se déformer, les déplacements étant plus importants par rapport aux constructions avec des ancrages précontraints. L’adhérence totale avec des tirants produit un effet stabilisateur sur toute la masse en glissement. Par conséquent, afin de corriger les instabilités près de la surface au moyen d’un maillage ou d’un filet, l’utilisation de tirants avec adhérence totale est généralement la solution privilégiée. 

    Veuillez tenir compte, lors de l’élaboration, du dimensionnement et de l’utilisation de mesures de sécurité, des différents comportements des ancrages précontraints et des clous. La résistance porteuse externe des ancrages précontraints et des tirants en sol meuble dépend essentiellement de la composition granulométrique, de la compacité du terrain et des paramètres liés à l’eau de pente. Dans le cas d'ancrages en rocher, cette résistance est déterminée par le type de roche, sa stabilité, sa rugosité, son degré de séparation, sa fissuration et sa stratification. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans les normes SIA 267 (Géotechnique) et 267/1 (Spécifications complémentaires).

    b) Clous Dans la technique du clouage, les clous visent à produire, dans un plan de glissement existant, des forces de poussée qui s’opposeront au mouvement de la masse instable. En règle générale, on utilise des barres d’acier comme clous, qui doivent être traitées comme des micropieux conformément à la norme SIA 267. Les clous sont enrobés de mortier sur toute leur longueur.

    Des contraintes de cisaillement pur apparaissent lorsque le plan de glissement coïncide avec l’interface entre deux couches rigides. Des contraintes de cisaillement dues à la flexion se produisent dans les sols mous. Les clous disposés pour assainir un glissement de terrain se courbent souvent au niveau du plan de glissement sous l’effet des mouvements qui s’y produisent. Leur effet principal repose sur la transmission de la force de traction.

    Selon la situation, les clous sont répartis comme longrines ou barres de béton en combinaison avec des tirants ou sont regroupés sous la forme de blocs. On regroupe toujours deux ou trois clous pour former un élément statique.

    Le clouage du sol présente divers avantages. Il est notamment simple à exécuter et ne nécessite pas de grosse installation. Ce système flexible est à même de s’adapter aux éventuels mouvements de reptation à grande échelle sans que le dispositif ne se rompe. La combinaison de clous et de longrines permet en outre de protéger efficacement les conduites enterrées et les routes d’accès. 

    Son application est limitée principalement par la profondeur et l'étendue du glissement de terrain. Si le plan de glissement se trouve à plus de 6 à 8 m de profondeur ou s’il s’agit de reprendre des efforts tranchants supérieurs à quelque 300 kN / m (force globale), le clouage est généralement peu rentable par comparaison avec les solutions à base d’ancrages précontraints ou de pieux.

    c) Pieux Les pieux sont la plupart du temps utilisés en combinaison avec des ancrages précontraints ou des ancrages passifs à adhérence totale (clous) pour stabiliser la masse en glissement. Au moyen de pieux, la charge exercée sur le bâtiment peut être transmise au sous-sol stable.

    Tableau avec distinctions principales entre les différents pieux

    On distingue en outre les pieux en bois, en acier et en béton, selon les matériaux les constituant. Vous trouverez plus d’informations sur le dimensionnement des pieux dans les normes SIA 267 et 267/1.Selon l'application, les contraintes et les exigences spécifiques au projet, les colonnes de jet grouting et les colonnes ballastées sont également une option efficace et économique pour l'amélioration de la stabilité du sol et pour le transfert des charges.

    d) Constructions de soutènement En fonction des caractéristiques et des risques spécifiques au projet, des tranchées en pente, par exemple, peuvent également être protégées contre des instabilités peu profondes avec des structures de soutènement angulaires ou des murs en blocs de pierre. En plus de la preuve de stabilité du terrain, des preuves contre le renversement, le glissement et la rupture de terrain doivent également être fournies.

    En cas de glissements semi-profonds et profonds, les structures en béton retenues par des clous ou des ancrages sont à privilégier.

    Stabilisation par réduction de la pression interstitielle

    L’eau de pente, avec en lien direct la pression de l'eau interstitielle, est souvent le facteur déterminant des glissements de terrain. Avec les mesures décrites ci-dessous, le niveau piézométrique peut être abaissé durablement. Il faut contrôler périodiquement le bon fonctionnement de ces systèmes de drainage.

    a) Fossés de drainage Lorsque les couches à drainer sont à seulement 1-3 m de la surface, les fossés de drainage servent souvent de mesure de stabilisation. On peut évaluer les conditions régnant effectivement sur le site en ouvrant les fouilles, si bien qu’il est possible d’optimiser le système de drainage pendant sa construction, à condition que les couches aquifères soient stables lors de la réalisation de la tranchée, au moins à court terme.

    b) Forages de drainage La réalisation de forages horizontaux ou légèrement inclinés vers le haut/bas s’impose lorsque le terrain est en pente et que les couches à drainer sont hors de portée des fossés de drainage. Le nombre et la disposition des forages de drainage dépendent essentiellement des rapports hydrogéologiques et des contraintes spécifiques au projet. En règle générale, les forages sont réalisés à partir d’une chambre collectrice sur une rangée ou sous une forme d’étoile. Ils sont équipés de tuyaux perforés entourés d’une couche filtrante, mis en place à l’aide de diverses techniques.

    c) Drainages horizontaux à partir de puits verticaux Si les couches à drainer se situent à une profondeur encore supérieure, il faut prévoir des drainages horizontaux à partir de puits verticaux. Si la déclivité n'est pas suffisante pour évacuer l'eau, l’eau recueillie doit être pompée de manière permanente le cas échéant.

    Stabilisation par modification de la topographie

    a) Remblai de contrepoids On érige fréquemment un remblai de contrepoids comme mesure d’urgence contre un glissement de terrain. Cette mesure peut aussi être utilisée préventivement. Elle n’est efficace que si le remblai peut agir directement sur le corps susceptible de glisser. Il faut donc examiner si des plans de glissement peuvent se trouver hors de la zone d’influence du remblai.

    b) Aplatissement L’aplatissement de secteurs très raides peut prévenir les glissements superficiels spontanés. Comme cette mesure présuppose une intervention importante dans la topographie, elle devrait être intégrée le plus tôt possible dans la planification.

  • Pour protéger le bâtiment, ne planifiez en principe que des mesures constructives permanentes !

    Mesures en termes de conception pour la protection contre les avalanches et le glissement de la neige

    Les mesures suivantes en termes de conception conviennent particulièrement bien aux nouveaux bâtiments mais peuvent aussi être mises en œuvre en cas de grande transformation.

     

    Intégration dans le terrain
    Si le bâtiment est bien intégré dans le terrain, il est protégé de l’incidence directe de l'avalanche. Prévoyez donc d'enfoncer le corps du bâtiment dans le terrain alentour. Ainsi, la surface de paroi extérieure exposée aux avalanches sera moindre.

     

    Adaptation du terrain
    Côté amont, planifiez un terrassement du terrain si le bâtiment est en pente. Le terrassement côté amont réduit considérablement l’incidence de la pression de la neige sur le bâtiment.

     

    Forme du bâtiment
    La forme du bâtiment détermine les forces agissant effectivement sur les parois extérieures concernées. Prévoyez un plan en forme de cône ou avec un angle qui dépend de la direction d’écoulement principale. En revanche, les angles saillants et des éléments convexes, tels que cheminées ou encorbellements, sont très défavorables. Veillez aussi à ce qu’aucune conduite (chéneau, conduit d’aération de citerne, etc.) ne se trouve sur la façade extérieure directement touchée. Cette conduite serait endommagée ou arrachée sous le choc de l’avalanche.

     

    Affectation des espaces intérieurs
    En adaptant fectation des locaux, vous pouvez réduire le danger pour les personnes dans les bâtiments. Dans le secteur des parois extérieures exposées aux avalanches, ne prévoyez que des locaux avec une durée de séjour courte, par exemple des couloirs de liaison ou des sanitaires.

     

    Emplacement des ouvertures
    Les ouvertures du bâtiment, comme les portes ou les fenêtres, en sont les plus gros points faibles. Évitez donc d’ouvrir des fenêtres ou des accès dans la paroi extérieure exposée aux avalanches. Si cela n’est pas possible, aménagez ces ouvertures au plus petit format possible et renforcez-les toujours. Les entrées situées sur le côté exposé aux avalanches ne peuvent être autorisées qu’exceptionnellement, pour autant que le motif de cet agencement soit bien fondé et qu’elles soient protégées en permanence par des mesures adéquates.

     

    Affectation de l'espace extérieur
    Planifiez les espaces extérieurs comme les terrasses ou les balcons dans les secteurs protégés par le bâtiment, c'est-à-dire du côté opposé à l'avalanche. Placez l'accès au bâtiment à un endroit protégé, par ex. via un garage souterrain avec entrée côté aval.

     

  • Les écrans de protection peuvent nettement influencer la propagation du danger. Des mesures de ce type ne peuvent être appliquées que si leur mise en œuvre ne provoque aucune augmentation de la menace pesant sur les objets voisins.

    Protection contre les avalanches au moyen d’écrans de protection : digues

    On peut ériger une digue de retenue pour protéger un objet contre des glissements de neige ou de petites avalanches. Lorsqu’il s’agit de contrer de grandes avalanches dans leur zone de dépôt, la digue est généralement mise en œuvre en combinaison avec des ouvrages de freinage, tels que des tas freineurs. La digue de retenue doit être dimensionnée de manière à pouvoir retenir complètement une ou plusieurs avalanches. Sa hauteur sera donc supérieure au cumul de l’épaisseur de la neige déposée naturellement, de la hauteur d’écoulement de l’avalanche et de sa hauteur de retenue. La partie frontale de la digue côté avalanche doit être construite de manière raide. On s’assurera également que ce type de digue dispose d’une capacité suffisante pour contenir le volume de l’avalanche. Pour effectuer des calculs statiques concernant la digue, on se basera sur la pression exercée et sur la preuve concernant les glissements.

     

    Ablenkbauwerke zum Schutz vor Lawinen (Galtür, Foto: S. Margreth)

    La construction d’une digue de déviation permet d’infléchir la trajectoire de l’avalanche dans une direction souhaitée (attention : transfert du danger !) Le coût des digues générant une déflexion comprise entre 20° et 30° est raisonnable. Si l’angle de déviation est supérieur, il faut construire un ouvrage de grande hauteur et il n’est pas sûr que l’avalanche puisse encore s’écouler. Les digues et murs de déviation visant à protéger des bâtiments sont principalement mis en œuvre en bordure de quartiers résidentiels. La hauteur de la digue de déviation est calculée comme celle de la digue de retenue, la vitesse déterminante étant sa composante perpendiculaire à l’axe de l’ouvrage. La partie frontale de la digue côté avalanche doit être construite de manière raide. Attention : le danger peut être accru dans la direction où l’avalanche est déviée !

     

  • Les écrans de protection peuvent influencer nettement la propagation du danger. De telles mesures ne peuvent être prises que si elles n'augmentent pas le degré de danger pour les bâtiments et les terrains voisins.

    Protection contre les avalanches au moyen d’écrans de protection : toit-terrain

    On nomme toit-terrain une construction dont le toit est raccordé sans discontinuité au terrain naturel ou à un remblai du côté amont. L’avalanche passe alors par-dessus le bâtiment. Il y a lieu d’accorder une attention particulière à l’exécution des extrémités du toit. Des solutions spéciales sont aussi requises pour les cheminées, par exemple sous la forme de structures légères remplaçables. Il faut également éviter qu’il y ait un palier entre le terrain et le toit (voir charge statique dans la situation de danger 4). Les parois latérales doivent être dimensionnées pour résister à la pression et aux frottements, à moins qu’elles ne soient reliées elles aussi sans discontinuité au terrain environnant. Il faut aussi dimensionner le toit en fonction des forces horizontales.

  • Les écrans de protection peuvent influencer nettement la propagation du danger. De telles mesures ne peuvent être prises que si elles n'augmentent pas le degré de danger pour les bâtiments et les terrains voisins.

    Abschirmungsmassnahmen gegen Lawinen: Spaltkeil

    L’étrave permet de protéger un objet tel qu'un bâtiment ou un pylône. Elle est placée directement sur l'objet ou juste devant ce dernier. Les masses de neige sont scindées et acheminées de part et d'autre de l'objet à protéger. Attention : le danger peut être accru dans la direction où l’avalanche est déviée ! L’angle d'ouverture maximal ne doit pas excéder 60° (voir charge statique dans la situation de danger 3). L’étrave doit être suffisamment haute pour ne pas être submergée par l’avalanche. Ce paramètre sera calculé en tenant compte de l’épaisseur de la neige déposée naturellement et de la hauteur d’écoulement de l’avalanche. Lorsqu’une étrave est placée directement le long d’un objet menacé sous la forme de murs en aile, il n’est pas nécessaire d’appliquer d’autres mesures sur le bâtiment lui-même. Sinon, il y a lieu de prendre en considération les actions exercées habituellement par la pression et par les frottements sur les parois latérales.

     

  • Mesures de renforcement / de coffrage de la structure du bâtiment

    Tous les éléments porteurs susceptibles d’être influencés par une avalanche doivent être dimensionnés pour résister aux forces de pression et de frottement, ainsi qu’aux forces verticales dirigées vers le haut et vers le bas. Les forces doivent être entièrement canalisées vers les fondations. Prenez aussi en compte les charges concentrées qui peuvent survenir en raison de l’impact de corps étrangers comme des arbres ou des blocs de pierre.

  • Renforcement des parois extérieures et pose d’un remblai

    Les parois extérieures côté avalanche doivent être dimensionnées en fonction de la pression et des forces de frottement engendrées par l’avalanche. Un renforcement important est en général nécessaire. Les revêtements de façades comme les bardeaux en bois ou en matière synthétique ne sont pas adaptés. Plutôt que de renforcer les parois latérales, il est aussi possible de les protéger par des murs en aile. Il s'agit de murs qui s’élèvent latéralement au-dessus de la surface au sol du bâtiment.

    Murs en aile au lieu d’un revêtement de façade au rez-de-chaussée
    Murs en aile au lieu d’un revêtement de façade au rez-de-chaussée (source : GVG)

    Anschüttungen verringern direkt betroffene Aussenwandflächen. Im Bereich der Anschüttung wirkt lediglich ein reduzierter Les remblais limitent les surfaces de parois extérieures directement touchées. L'avalanche exerce seulement une pression limitée dans le secteur du remblai. Mais il faut aussi prendre en compte le surcroît de pression dû à la poussée des terres.

  • Protection des ouvertures contre les avalanches

    Évitez d’aménager des fenêtres et des portes côté avalanche. Les fenêtres et les portes placées parallèlement à la direction d’écoulement doivent être dimensionnées en fonction des forces qui agissent. Les portes doivent être fixées à l'extérieur.

     

    Les charges appliquées sur les fenêtres doivent pouvoir être transmises de la vitre au cadre et du cadre à la structure qui l’entoure et au système porteur. Pour des pressions faibles (avalanches poudreuses), l’utilisation de verre partiellement précontraint permet de réaliser des constructions élancées. De même, pour les portes, les charges appliquées doivent être transmises au système porteur via des huisseries.

     

    Pour des pressions moyennes à élevées (avalanches coulantes), il y a lieu d’opter pour des ouvertures aussi petites que possible. Vous pouvez réduire l’impact des pressions subies au moyen de croisillons, de plaques déflectrices ou de palplanches. Il est impérativement nécessaire de prendre de telles mesures s’il faut s’attendre à des chocs dus à des charges concentrées (blocs, troncs d’arbre). Les mesures de protection nécessitant une intervention humaine ne sont pas autorisées dans la protection des nouveaux bâtiments.

     

    Aperçu des produits en verre recommandés avec leurs épaisseurs minimales et le dimensionnement correspondant

    S’il est fait usage de verre isolant, le vitrage extérieur devrait être dimensionné comme le verre simple d’après le tableau ci-dessus et être couplé avec un vitrage intérieur épais de 8 mm au minimum. Voir également : ÖNORM B 5301 et B 5302 (fenêtres et portes de protection contre les avalanches). Si ce type de verre renforcé ne suffit pas, vous pouvez positionner des croisillons à un intervalle suffisamment faible devant les fenêtres.

     

    ((Bildergalerie: Der Normaldruck auf ein lawinenseitiges Fensterglas wird durch Sprossen verringert.))

    Dimensionnez les plaques déflectrices en fonction des mêmes pressions que pour les parois. La distance maximale par rapport à la paroi ne peut excéder 25 cm. Les plaques déflectrices doivent suffisamment recouvrir les fenêtres (angle min. 45°).

  • Renforcement et exécution du toit

    Évitez de placer des avant-toits du côté amont s’il faut s’attendre à ce que l’avalanche exerce une action verticale dirigée vers le haut (situation de danger 1). Ancrez le toit sans surplomb dans le mur extérieur côté avalanche. Les avant-toits ne sont autorisés qu’au-dessus des parois latérales, pour autant qu’elles soient suffisamment protégées. Veillez à ce que les chevrons et les pannes de ces avant-toits soient bien ancrés dans la structure de la paroi.

    S’il faut s’attendre à ce que le toit soit complétement ou en partie submergé (situation de danger 2), l’ensemble de celui-ci doit être dimensionné pour résister aux contraintes générées par les pressions, frottements et charges appliqués. Dans ce cas, vérifiez si l'ensemble de la structure ne pourrait pas plutôt être aménagé sous forme de toit-terrain.

    En cas de danger dû aux avalanches poudreuses, évitez les avant-toits ou équipez-les d’un coffrage de protection. Choisissez des tuiles aussi lourdes que possible ou des modes d’accrochage capables de résister aux surpressions et aux sous-pressions.

  • Mesures de protection contre le glissement et la reptation de la neige dans l’environnement extérieur

    On peut empêcher, ou du moins ralentir, le glissement et la reptation de la neige en augmentant la rugosité du sol. Ce résultat est obtenu au moyen de banquettes, seuils ancrés, pieux ou trépieds. Ces mesures ont pour effet d’améliorer l’imbrication entre le manteau neigeux et le sol (cf. Leuenberger 2003). Le reboisement améliore encore l’efficacité de la protection.

    Voici d'autres mesures environnementales que l’on peut prendre contre le glissement de la neige :

    • Des adaptations du terrain comme un terrassement de la pente, un accès adapté, des murs de soutènement, la création d’une terrasse, etc. peuvent souvent éliminer le danger lié à la pression de la neige.
    • Entretien: L’herbe coupée à ras favorise moins le glissement de la neige que l’herbe haute. Le fumier gelé augmente aussi la rugosité de la surface du sol.
    • Dans certains cas exceptionnels, il faut prévoir des ouvrages de soutènement pour protéger l'objet de la pression de la neige.
  • Forme du bâtiment - protection contre les laves torrentielles et les avalanches

    La forme du bâtiment détermine les forces agissant effectivement sur les parois extérieures concernées. Il est particulièrement judicieux de prévoir une forme de bâtiment présentant des angles saillants, ou du moins incurvés, pour prendre en considération la direction principale de l'écoulement de la lave torrentielle. Par contre, évitez les angles rentrants et les éléments en saillie tels que cheminées ou encorbellements. Veillez aussi à ce qu’aucune conduite (chéneau, conduit d’aération de citerne, etc.) ne se trouve sur la façade extérieure directement touchée. Elle serait endommagée ou arrachée sous le choc de la lave torrentielle.

     

  • Mesures de renforcement contre les débordements de laves torrentielles

    Renforcement des parois extérieures
    Les parois extérieures menacées doivent être dimensionnées voire renforcées en fonction de la pression et des frottements engendrés par la lave torrentielle. En raison de ces frottements, il faut en général renoncer à revêtir les façades (p.ex. avec des bardeaux en bois ou en plastique).

     

    Protection des ouvertures
    Les portes et les fenêtres doivent être conçues en fonction de la pression à laquelle elles seront soumises et doivent être fixées à l’extérieur. La charge appliquée sur les fenêtres doit être transmise de la vitre au cadre et du cadre à la construction qui l’entoure. Les fenêtres latérales et celles qui sont soumises à des pressions faibles peuvent être protégées en utilisant des verres de sécurité feuilletés suffisamment résistants. Si une lave torrentielle percute les fenêtres de face, celles-ci doivent en outre être équipées de croisillons, de plaques déflectrices ou de batardeaux.

     

    Aperçu des verres recommandés avec leur épaisseur minimale et leur dimensionnement correspondant

    Verre simple
    tenu sur les 4 côtés

    Pression de la lave torrentielle qf
    5 kN/m2

    Pression de la lave torrentielle qf
    10 kN/m2

    Pression de la lave torrentielle qf
    30 kN/m2

    60 × 60 cm

    VSF en verre flotté 2 × 5 mm

    VSF en verre flotté 2 × 8 mm

    VSF en verre flotté 2 × 12 mm

    100 × 100 cm

    VSF en verre flotté 2 × 8 mm

    VSF en verre flotté 2 × 12 mm

     

    100 × 200 cm

    VSF en verre flotté 2 × 12 mm

    VSF en verre flotté 2 × 19 mm

     

    VSF : verre de sécurité feuilleté selon la norme EN 12543, 2e partie


    VF (verre flotté) : verre à vitre selon la norme EN 572, 2e partie

         

    S’il est fait usage de verre isolant, le vitrage extérieur devrait être dimensionné comme le verre simple d’après le tableau ci-dessus et être couplé avec un vitrage intérieur épais de 8 mm au minimum (Source : Institut suisse du verre dans le bâtiment, Zurich).

  • Les écrans de protection peuvent influencer nettement la propagation du danger. De telles mesures ne peuvent être prises que si elles n'augmentent pas le degré de danger pour les bâtiments et les terrains voisins.

    Écrans de protection contre les laves torrentielles

    Digue de retenue
    Une digue de retenue est capable d’arrêter complètement de petites laves torrentielles. Pour cela, il faut que sa hauteur soit supérieure au cumul de la hauteur d’écoulement hf et de la hauteur de retenue hretenue de la lave torrentielle. Il faut également s’assurer que le volume de rétention soit suffisant pour contenir la lave torrentielle et les coulées qui pourraient se produire lors d’un épisode pluvieux. Pour effectuer des calculs statiques concernant la digue, on se basera sur la pression exercée et sur la preuve de stabilité au glissement.

    Position surélevée
    Dans de nombreux cas, la mesure la plus avantageuse au plan économique et la plus efficace pour réduire le risque pesant sur un nouveau bâtiment consiste à le construire sur un remblai. Ainsi, le bâtiment est complètement protégé en cas de débordements de laves torrentielles et d’inondations (tenir compte de la hauteur de retenue). Il y a lieu de protéger le remblai contre l’érosion aux endroits où l’écoulement est rapide.

     

    Mur / digue de déviation
    La construction d’un mur ou d’une digue de déviation permet d’infléchir la trajectoire d’une lave torrentielle dans une direction souhaitée. L'investissement dans des ouvrages générant une déflexion comprise entre 20° et 30° reste raisonnable. Pour des angles de déviation plus larges, il faut construire un ouvrage de grande hauteur et il n’est alors pas sûr que la lave torrentielle puisse encore s’écouler. Les murs et digues de déviation visant à protéger les bâtiments sont principalement mis en œuvre en bordure de localités et au voisinage de points de débordement du chenal. La hauteur de la digue de déviation est calculée comme celle de la digue de retenue, la vitesse perpendiculaire à l’axe de l’ouvrage étant la composante déterminante. Lors du calcul de la hauteur de la digue ou du mur, il y a lieu de prendre en compte les dépôts susceptibles de s’accumuler devant l’ouvrage.

    L’étrave déturne la lave torrentielle autour du bâtiment à protéger. Elle est érigée directement contre le bâtiment ou juste devant celui-ci. L’angle d'ouverture maximal ne doit pas excéder 60° (situation de danger 2). L’étrave doit en outre être suffisamment haute, car elle ne doit pas être submergée. Ce paramètre sera calculé en tenant compte de la hauteur d’écoulement de la lave torrentielle et du nombre possible de coulées par épisode pluvieux. Lorsque les côtés de l’étrave sont prolongés par des murs en aile contre l'objet, il n’est pas nécessaire d’appliquer d’autres mesures sur les parois latérales. Sinon, il y a lieu de prendre en considération les actions ordinaires dues à la pression et aux frottements exercés sur les parois latérales.

    Des filets à laves torrentielles  peuvent être installés dans le lit du torrent ou directement à proximité du bâtiment. Ces filets à laves torrentielles sont dimensionnés selon Volkwein 2014 (disponible uniquement en allemand/anglais). Tout comme pour les digues de retenue, il y a lieu de prévoir une zone de dépôt suffisamment grande. Lorsque des filets sont utilisés comme protection contre les coulées de boue de versant, il faut faire particulièrement attention à la déviation des eaux et, le cas échéant, recourir à des mesures supplémentaires pour protéger le bâtiment contre les crues.

    Il est indispensable de mettre en place un plan d'entretien des filets à laves torrentielles afin de garantir une protection permanente.