Stabilisation de la masse en glissement

Vous pouvez augmenter la stabilité d’un glissement à l’aide des trois concepts suivants :

  • Ancrage de la masse en glissement au sous-sol à l’aide d’ancrages, de clous ou pieux, ou d’autres éléments de soutènement.
  • Évacuation des eaux et drainage pour réduire la quantité d’eau dans la masse en glissement
  • Modifications de la topographie (remblai de contrepoids, aplatissement)

Mise en place d’éléments de soutènement et d’ancrage:

  • Ancrages, tirants : Au moyen d'ancrages précontraints ou d'ancrages non contraints à adhérence totale (tirants), des couches de roche meuble instables ou des paquets de roche peuvent être fixés, et les parties de bâtiment situées dans la masse en glissement peuvent être ancrées dans le sous-sol stable. Lorsque des ancrages précontraints sont utilisés, les déformations attendues sont activement limitées. Pour la transmission de force, une butée rigide et suffisamment dure doit être prévue.
    Les ancrages non contraints ont un comportement passif : la contrainte apparaît seulement lorsque l’élément d’ancrage commence à se déformer, les déplacements étant plus importants par rapport aux constructions avec des ancrages précontraints. L’adhérence totale avec des tirants produit un effet stabilisateur sur toute la masse en glissement. Par conséquent, afin de corriger les instabilités près de la surface au moyen d’un maillage ou d’un filet, l’utilisation de tirants avec adhérence totale est généralement la solution privilégiée.
    Veuillez tenir compte, lors de l’élaboration, du dimensionnement et de l’utilisation de mesures de sécurité, des différents comportements des ancrages précontraints et des clous. La résistance porteuse externe des ancrages précontraints et des tirants en sol meuble dépend essentiellement de la composition granulométrique, de la compacité du terrain et des paramètres liés à l’eau de pente. Dans le cas d'ancrages en rocher, cette résistance est déterminée par le type de roche, sa stabilité, sa rugosité, son degré de séparation, sa fissuration et sa stratification. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans les normes SIA 267 (Géotechnique) et SIA 267/1 (Spécifications complémentaires).

  • Clous : Dans la technique du clouage, les clous visent à produire, dans un plan de glissement existant, des forces de poussée qui s’opposeront au mouvement de la masse instable. En règle générale, on utilise des barres d’acier comme clous, qui doivent être traitées comme des micropieux conformément à la norme SIA 267. Les clous sont enrobés de mortier sur toute leur longueur.
    Des contraintes de cisaillement pur apparaissent lorsque le plan de glissement coïncide avec l’interface entre deux couches rigides. Des contraintes de cisaillement dues à la flexion se produisent dans les sols mous. Les clous disposés pour assainir un glissement de terrain se courbent souvent au niveau du plan de glissement sous l’effet des mouvements qui s’y produisent. Leur effet principal repose sur la transmission de la force de traction.
    Selon la situation, les clous sont répartis comme longrines ou barres de béton en combinaison avec des tirants ou sont regroupés sous la forme de blocs. On regroupe toujours deux ou trois clous pour former un élément statique.
    Le clouage du sol présente divers avantages. Il est notamment simple à exécuter et ne nécessite pas de grosse installation. Ce système flexible est à même de s’adapter aux éventuels mouvements de reptation à grande échelle sans que le dispositif ne se rompe. La combinaison de clous et de longrines permet en outre de protéger efficacement les conduites enterrées et les routes d’accès.
    Son application est limitée principalement par la profondeur et l'étendue du glissement de terrain. Si le plan de glissement se trouve à plus de 6 à 8 m de profondeur ou s’il s’agit de reprendre des efforts tranchants supérieurs à quelque 300 kN / m (force globale), le clouage est généralement peu rentable par comparaison avec les solutions à base d’ancrages précontraints ou de pieux.

  • Pieux : Les pieux sont la plupart du temps utilisés en combinaison avec des ancrages précontraints ou des ancrages passifs à adhérence totale (clous) pour stabiliser la masse en glissement. Au moyen de pieux, la charge exercée sur le bâtiment peut être transmise au sous-sol stable.

Réduction de la pression interstitielle :

L’eau de pente, avec en lien direct la pression de l'eau interstitielle, est souvent le facteur déterminant des glissements de terrain. Avec les mesures décrites ci-dessous, le niveau piézométrique peut être abaissé durablement. Il faut contrôler périodiquement le bon fonctionnement de ces systèmes de drainage.

  • Fossés de drainage : Lorsque les couches à drainer sont à seulement 1-3 m de la surface, les fossés de drainage servent souvent de mesure de stabilisation. On peut évaluer les conditions régnant effectivement sur le site en ouvrant les fouilles, si bien qu’il est possible d’optimiser le système de drainage pendant sa construction, à condition que les couches aquifères soient stables lors de la réalisation de la tranchée, au moins à court terme.
  • Forages de drainage : La réalisation de forages horizontaux ou légèrement inclinés vers le haut/bas s’impose lorsque le terrain est en pente et que les couches à drainer sont hors de portée des fossés de drainage. Le nombre et la disposition des forages de drainage dépendent essentiellement des rapports hydrogéologiques et des contraintes spécifiques au projet. En règle générale, les forages sont réalisés à partir d’une chambre collectrice sur une rangée ou sous une forme d’étoile. Ils sont équipés de tuyaux perforés entourés d’une couche filtrante, mis en place à l’aide de diverses techniques.
  • Drainages horizontaux à partir de puits verticaux : Si les couches à drainer se situent à une profondeur encore supérieure, il faut prévoir des drainages horizontaux à partir de puits verticaux. Si la déclivité n'est pas suffisante pour évacuer l'eau, l’eau recueillie doit être pompée de manière permanente le cas échéant.

Stabilisation par modification de la topographie :

  • Remblai de contrepoids : On érige fréquemment un remblai de contrepoids comme mesure d’urgence contre un glissement de terrain. Cette mesure peut aussi être utilisée préventivement. Elle n’est efficace que si le remblai peut agir directement sur le corps susceptible de glisser. Il faut donc examiner si des plans de glissement peuvent se trouver hors de la zone d’influence du remblai.
  • Aplatissement : L’aplatissement de secteurs très raides peut prévenir les glissements superficiels spontanés. Comme cette mesure présuppose une intervention importante dans la topographie, elle devrait être intégrée le plus tôt possible dans la planification.
S'applique aux dangers naturels suivants:

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